Feux sacrés : La Bibliothèque Patrimoniale vous invite à la Saint-Jean

17 juin 2021
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Feux sacrés : La Bibliothèque Patrimoniale vous invite à la Saint-Jean

Fêtée le 24 juin, la Saint-Jean est la forme christianisée des fêtes païennes célébrées depuis l'antiquité au moment du solstice d'été. De nos jours, la Saint-Jean est célébrée par de grands feux de joie allumés. Zoom.

Nom
Feux sacrés : La Bibliothèque Patrimoniale vous invite à la Saint-Jean

Adresse
Bibliothèque Patrimoniale, L'Usine des Tramways, Av. Gaston Lacoste, 64000 Pau

Téléphone
05 59 98 78 23

Tarifs
Gratuit

Adresse email
patrimoines@agglo-pau.fr

Horaires
Les jeudi et vendredi de 13h à 17h30

Site internet
www.pireneas.fr

Au Moyen-âge, le clergé tente d'interdire les fêtes liées au culte solaire. Il finit par les tolérer sans pour autant y participer et remplace le culte des anciens dieux par celui des saints, ici Saint Jean Baptiste. Malgré tout, ces fêtes ont toujours gardé, au travers des rituels qui les accompagnent, un caractère ancestral.

De nos jours, dans les Pyrénées en France, en Andorre et en Espagne, le solstice d’été, annonciateur des jours les plus longs de l’année, est célébré par de grands feux de joie allumés, et des descentes aux flambeaux, organisées depuis le sommet des montagnes vers les villages.

Illustration ci-dessous : Le roi Henry IV allume lui-même les feux de la Saint-Jean après la victoire de Fontaine-Française sur les Espagnols. Bibliothèque municipale de Dijon. Accéder à l'image

Ces feux de la Saint-Jean ou feux du solstice ou Brandon (tronc d'arbre utilisé pour le bûcher) ont été inscrits en 2015 par l'Unesco au patrimoine culturel immatériel de l'humanité.  

Si aujourd’hui, ces fêtes renforcent les liens entre les membres de la communauté et attirent de nombreux touristes, elles n'ont sans doute plus le pouvoir, comme au Moyen-Âge et par endroit jusqu'à la fin du XIXe siècle, de protéger les habitants et les moissons de la foudre, des orages, des sorcières et magiciennes. 

L'illustration ci-dessous : Fête de la Saint-Jean à Luchon, par Eugène Trutat (1840-1910). Consulter l'image sur Pireneas

Illustration ci-dessous : Fête de la Saint-Jean aux Eaux-Bonnes, par C. Maurice. Consulter l'image sur Pireneas

Dans la presse...

Dans le Courrier des Eaux-Bonnes du 26 juin 1892, on peut lire :

« C’est d’abord un tronc d'arbre que l'on plante à l’endroit consacré par l’usage. On le garnit de broussailles et d'herbes, dont la principale, dite herbe de St-Jean n’est autre que la plante connue sous le nom de millepertuis. Enfin, l'édifice est couronné par une énorme couronne de roses que l'on va cueillir dans un jardin renommé des environs de Laruns. Le clergé se rend généralement en procession sur le lieu où est planté le brandon et une fois qu'il a été béni, le prêtre prend un cierge et communique le feu au bûcher. Tandis que la flamme commence à s'élever, la procession se retire, laissant le champ libre aux spectateurs. 

Alors commence le branlebas. Les gamins, munis d'un brandon miniature, s’avancent vers le foyer, allument leur torche au feu béni, puis se répandent au loin, faisant le moulinet au-dessous de leur tête, jetant ainsi dans l’espace des gerbes d'étincelles qui retombent, en pluie sur les vêtements des curieux.  

Les jeunes gens et les jeunes filles commencent bientôt à danser une ronde autour du brasier ; mais voici que l’élément destructeur accomplit son œuvre : le brandon s’écroule et au milieu d’un nuage parsemé de paillettes d'or, on voit les plus hardis se disputer des tisons à demi-consumés. Ces débris sont une relique précieuse pour ces familles qui croient, avec toute l’ardeur que donne une foi naïve, que ces charbons bénis préserveront le toit paternel des coups de la foudre. » 

Lire la suite de l'article sur Pireneas

Découvrir toute la presse ancienne en ligne

La Fête de la Musique crée par Jacques Lang en 1982 se déroule à cette même période de l'année, le 21 juin au moment où dans l'hémisphère nord le jour est le plus long. Ce n'est sans doute pas un hasard.

Le Feu de la Saint-Jean, une poésie par Francis Jammes

Le feu de la Saint-Jean a marqué aussi le poète Francis Jammes enfant et continuera jusqu’au bout de brûler dans le cœur du poète. La Bibliothèque Patrimoniale conserve un manuscrit autographe signé, sous la cote Ms585.

En savoir plus dans l'exposition virtuelle "Francis Jammes Poète"

Je ne sais pas pourquoi, dans ce temps-là, je mêle

Les fruits ailés d’érable à la procession

Qu’on fait à la Saint-Jean autour de ces tisons

Qui, morts, prennent le bleu si noir des hirondelles.

Sans doute sur l’Arros, torrent, je vois un pont

Construit avec du crépuscule et des décombres

Où s’en vont sagement, en chantant, quelques ombres

Qu’allongent des manteaux avec des capuchons.

Il me semble qu’on se dirige vers la gare

Où cinquante ans n’ont pas fané les catalpas

Qui, dans la cour, vieux Indiens, parlent tout bas

De leur pays natal en fumant leurs cigares.

Voici l’arbre-bûcher. Monsieur Pédebidou

Y met le feu, dressant des favoris insignes,

Emules d’animaux aussi bien que de cygnes.

Et le brasier craquant étoile le feu doux.

Le prêtre sur le bois a jeté l’eau bénite.

On a vu, des coteaux, des flammes s’élever ;

Les gens à l’unisson ont repris les avés

Et repassé l’Arros plein de cerceaux de truites.

Des hommes, attelés aux restes calcinés,

Les traînent sur le sol jusques à leurs demeures.

Qu’enfant redevenu, quand sonnera mon heure,

Je baise votre cendre, ô lieux où je suis né !

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