Les coulisses de la Bibliothèque Patrimoniale. La restauration des “Fables en images” de l’Imagerie d’Épinal

26 juin 2021
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Les coulisses de la Bibliothèque Patrimoniale. La restauration des “Fables en images” de l’Imagerie d’Épinal

La Bibliothèque Patrimoniale a récemment reçu en don un ensemble de “Fables en images" imprimées par l’Imagerie Pellerin d’Épinal. Suivez les étapes de la restauration du document qui sera présenté à l’automne 2021, à l’occasion de l’exposition "Merveilleux La Fontaine" qui commémore le 400e anniversaire de Jean de La Fontaine.

Nom
“Fables en images” de l’Imagerie d’Épinal : la restauration d’un document conservé à la Bibliothèque Patrimoniale

Adresse
Bibliothèque Patrimoniale, L'Usine des Tramways, Av. Gaston Lacoste, 64000 Pau

Téléphone
05 59 98 78 23

Tarifs
Gratuit

Adresse email
patrimoines@agglo-pau.fr

Horaires
Du mardi au vendredi de 13h à 17h30

Site internet
www.pireneas.fr

L'image dÉpinal

L'image dÉpinal

“Une image d’Épinal” c'est une image de la réalité embellie, pour ne garder, un peu naïvement, que le bon côté des choses. 

C’est, en 1796, dans la ville d’Epinal, dans les Vosges, que Jean-Charles Pellerin fonde "L’Imagerie Pellerin". Au départ, fabriquant de cartes à jouer, il utilise les techniques du bois gravé et les associe à la presse de Gutenberg. 

La fabrique édite, au commencement des images saintes. La production se diversifie avec des planches entières retraçant l'histoire napoléonienne, des portraits de l'empereur ou encore des devinettes, toujours pour les adultes. L’imprimerie d’images pour la jeunesse telles que les Fables de la Fontaine commence dans la seconde moitié du XIXe siècle. 

En illustrant des scènes politiques, historiques ou éducatives, les images d’Épinal jouent à cette époque un rôle important dans la transmission d’un savoir populaire. 

Aujourd’hui, l’Imagerie Pellerin n’est plus la seule entreprise à produire de telles images, mais la ville d’Épinal reste le haut-lieu de l’imagerie. 

Visualiser l'image dans Gallica

"Les Fables en images" de la Bibliothèque Patrimoniale

"Les Fables en images" de la Bibliothèque Patrimoniale

L’ouvrage, en très mauvais état, nécessite une restauration avant d’être exposé. Cette restauration, qui va vous être détaillée, est réalisée dans l’atelier de reliure de l’Usine des Tramways. 

Cette édition, imprimée probablement à la fin du XIXe siècle, est composée de feuilles volantes, traditionnellement vendues à l’unité. Elles ont été assemblées plus tard, sans couture, sous une couverture illustrée, titrée Fables en images. 

26 fables dont 12 de La Fontaine, 7 de Florian, 1 de Richer et 6 sans mention d’auteur sont ainsi rassemblées en 25 feuilles. Chaque fable est imprimée sur une feuille titrée et numérotée en tête de page (exemple “Le lièvre et la grenouille (Fable de La Fontaine) ; Imagerie d’Épinal, N°400”).  

Le document avant la restauration 

  • Les feuilles volantes ont été agrafées par un possesseur antérieur. Les agrafes sont rouillées. 
  • La couverture est fragilisée sur les bords et présente de nombreuses déchirures. Le dos est abîmé. La première et quatrième de couverture se sont détachées l’une de l’autre. 
  • Les feuilles imprimées sont également très fragiles. Des déchirures, trous et lacunes sont visibles. Le papier, fabriqué à la fin du XIXe siècle à base de pâte mécanique, est cassant.  

Dans l’état actuel, l’ouvrage ne peut pas être mis à disposition du public ni être exposé. Sa manipulation augmente le risque de dégradations. Le but de cette restauration est donc de permettre la consultation et l’utilisation de ce document, sans trahir son aspect original. 

Le choix a été fait de rassembler l’ensemble des feuilles volantes dans une reliure. Pour ce faire il est nécessaire d’assembler les feuilles volantes en cahiers qui seront cousus entre eux. 

Les étapes de la restauration en images

La première chose est l’élimination des agrafes rouillées. La rouille abîme le papier et peut provoquer des déchirures.  

Pour garantir, le bon ordre des feuilles, en vue de l’assemblage final, on numérote très discrètement les pages. 

Cette pagination fictive, est très importante, car il faut constituer, à partir des feuilles volantes, des cahiers (un cahier est composé de plusieurs feuilles pliées). L’image ci-dessus illustre la transformation de six feuilles volantes en cahier. 

Les feuilles associées deux par deux sont restaurées en même temps, puis qu’elles vont être doublées sur une seule feuille de papier japon qui sera pliée par la suite. Ce doublage sur japon renforce la feuille, couvre les lacunes et referme les déchirures. 

Seuls les versos seront doublés pour conserver le brillant des couleurs. Pour faire adhérer le papier japon sur les feuilles, le document est mouillé puis enduit de colle d’amidon bien liquide.  

Un fois le papier japon posé, la grande feuille est mise sous presse entre des papiers buvard. Après le séchage complet, elle sera pliée. Ces opérations de doublage et séchage, répétées pour toutes les feuilles nous obtiendrons 4 cahiers (3 grandes feuilles pliées par cahier). La dernière feuille volante sera associée au dernier cahier par un onglet. 

Les pages de couverture demandent un traitement particulier car il est nécessaire de doubler les deux pages de la couverture sur le verso, avec un papier japon plus épais. On laisse dépasser le papier japon de trois centimètres. Cet onglet sera plié et permettra d’assembler la couverture au premier et dernier cahier. 

A cet ensemble de cahiers on rajoute des pages de garde en utilisant du papier vergé.  

Les pages de garde et les cahiers constitués sont maintenant cousus sur ruban. La couture sur ruban permet une bonne ouverture du document après la couture. La couture se fait à l’aide d’un cousoir (“machine à coudre manuelle” pour la reliure). Les rubans sont attachés au cousoir. Avec du fil de lin et une aiguille à bout rond, chaque cahier est cousu et le ruban ainsi fixé sur le dos du document. En queue et tête (c’est-à-dire en haut et en bas du dos), les cahiers sont attachés entre eux par un nœud. 

Après la couture, on rajoute des tranchefiles, en tête et queue du dos. Les tranchefiles ont une fonction protectrice mais aussi esthétique. Le dos est renforcé par une bande de mousseline et un papier kraft. 

L’ouvrage est maintenant prêt à recevoir sa couverture, fabriquée avec du carton collé sur une toile. Nous avons choisi une toile rouge pour sa couleur vive qui se marie bien avec les images colorées des fables. 

Pour insérer le document dans sa couverture, les pages de garde sont collées contre le contre plat (c’est la face intérieure de la couverture). On appelle cette opération “emboitage”. 

L’ouvrage a retrouvé une nouvelle vie. Du 15 octobre au 15 décembre 2021, il sera exposé à L’Usine des Tramways avec d’autres documents autour du thème de la fable. 

Autour de l'exposition "Merveilleux La Fontaine"

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