Bacchus au musée des Beaux-Arts de Pau : quand la fête efface mille tristesses

14 juin 2021
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Bacchus au musée des Beaux-Arts de Pau : quand la fête efface mille tristesses

Un vent de légèreté souffle sur Pau cette semaine, avec en point de mire la fête de la musique le lundi 21 juin. Le musée des Beaux-Arts se joint à la danse et présente un article sur Bacchus, dont une représentation sculptée est exposée dans l’atrium du musée. Partons à la découverte de cet épicurien accompli, afin d’évoquer les réjouissances et les plaisirs associés à la fête.

Nom
Bacchus au musée des Beaux-Arts de Pau : quand la fête efface mille tristesses

Adresse
Musée des Beaux-Arts de Pau, Rue Mathieu Lalanne, Pau, France

Téléphone
05 59 27 33 02

Tarifs
Entrée gratuite - port du masque obligatoire

Adresse email
musee.beauxarts@ville-pau.fr

Horaires
Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18h. Fermeture le lundi.

Bacchus, genèse d’une divinité

Bacchus, genèse d’une divinité

Bacchus, dans la mythologie romaine, est le dieu de la vigne, du vin, de l’ivresse et de la fête. Son culte apparaît dans la Rome antique au Ve siècle av. J.-C. Son homologue dans la mythologie grecque est Dionysos. En effet, le nom de Bacchus dérive de celui de Bacchos, autre nom donné par les grecs à celui-ci. Si Dionysos est une figure incontournable du panthéon grec, c’est loin d’être le cas de Bacchus pour les romains. Les deux divinités partagent cependant de nombreuses similitudes, notamment une naissance placée sous le signe de l’adultère...

Récit :

Jupiter, de passage dans un temple lui étant dédié, s’éprend de la jeune princesse Sémélé. Junon, malheureusement habituée aux écarts de son époux, découvre cette union. Aveuglée par la colère, elle met au point une terrible vengeance. Elle suscite chez Sémélé le désir de voir Jupiter sous sa forme divine. Une posture létale pour les non-dieux, éblouis par leur puissance. Jupiter, qui, dans un élan d’amour inconditionnel, avait promis à la princesse d’exaucer tous ses souhaits, se présente dans toute sa gloire divine. Sémélé est immédiatement foudroyée. Dévasté, Jupiter recueille, du corps inanimé de son amante enceinte, le fruit de leur amour et le place dans sa cuisse.

Une fois sorti de la cuisse de son père, Bacchus grandit auprès de nymphes qui le protègent des mauvaises intentions de Junon. Il est d’abord dissimulé sous l’aspect d’une chèvre puis ensuite caché dans une grotte où il se nourrit de raisins. Plus tard, guidé par l’amour de la gloire que lui avait transmis son précepteur, le satyre Silène, il part conquérir les Indes. Après sa victoire, il se lance dans d’innombrables célébrations et apprend aux Indiens à cultiver la vigne. Ainsi démarre son culte et son indissociable lien au vin et à la fête.  

Crédit : Le Caravage, Bacchus, huile sur toile, vers 1598, palais des Offices, Florence, Italie

Un dieu décadent et maître des fêtes

Un dieu décadent et maître des fêtes

Bacchus est généralement représenté sous les traits d’un homme à la jeunesse éternelle et à l’expression enjouée. Il se déplace sur un char tiré par des panthères. Ses attributs sont les grappes de raisins, une coupe et le thyrse. Sa tête, coiffée d’une couronne de feuilles de lierre, est souvent ornée d’une paire de cornes, symbole de puissance et de force. Enfin, il est le plus souvent vêtu d’un manteau pourpre.

Bacchus est régulièrement associé à divers animaux. Citons par exemple la pie, car le vin délie les langues et rend les buveurs volubiles, mais également le bouc et le lièvre car ils se nourrissent des bourgeons de la vigne.

Ses surnoms trouvent racine dans les nombreux comportements qu’il provoque : Liber (libre), parce que le dieu du vin délivre l'esprit de tout souci ; Lyæus, qui chasse le chagrin, ou encore Bromius, bruyant.

Il est en permanence flanqué d’un cortège formé de nymphes et de satyres, personnages munis de cornes, de pieds de bouc et de torses d’homme. Les bacchantes, femmes vêtues de peaux de bêtes, complètent la troupe et figurent le délire orgiaque et extatique propre au culte de Bacchus. Cette troupe désordonnée se distingue en poussant des cris et en faisant retentir de bruyants instruments de musique.

Chez les romains le culte de Bacchus est pratiqué essentiellement par des initiés. On appelle ces mystérieuses célébrations des bacchanales. Elles sont organisées à l’origine dans les bois ou les montagnes puis envahissent petit à petit les villes. Elles symbolisent le désordre, la démesure, la débauche et revêtent un caractère particulièrement orgiaque et décadent. Un scandale éclate finalement autour de ces célébrations, devenues hors de contrôle, et le Sénat romain les interdits en 186 avant J.-C.  

Crédit : William-Adolphe Bouguereau, La Jeunesse de Bacchus, huile sur toile, 1884, National Museum, Stockholm, Suède.

Henri Allouard, Bacchus enfant, marbre, 1881

La sculpture de Bacchus enfant au musée des Beaux-Arts de Pau

La sculpture de Bacchus enfant au musée des Beaux-Arts de Pau

Cette sculpture en marbre, réalisée par l’artiste parisien Henri Allouard, représente un Bacchus enfant. Le choix de figurer le demi-dieu très jeune, accentue son caractère irresponsable et espiègle.

Vraisemblablement épuisé par les danses frénétiques auxquelles il se livre avec son cortège de bacchantes et de satyres, Bacchus est nonchalamment étendu au sol, entouré de grappes de raisins.

Son visage, à l’expression douce et sereine, accentue le relâchement de son corps, engourdi par les vapeurs d’alcool. Comme pour souligner cet état, une coupe, lui servant à s'enivrer des vins les plus fins, pend mollement de sa main gauche. Pourtant, certaines parties du corps contrastent avec cet abandon total. Sa tête, coiffée d’une couronne de feuilles de vigne, dodeline au rythme de la main droite agitant le thyrse (un bâton orné de bandelettes de tissus, de feuilles de vignes et surmonté d’une pomme de pin). À l’image d’un chef d’orchestre et sa baguette qui bat la mesure, Bacchus vibre au tempo de la cérémonie orgiaque organisée en son honneur : une bacchanale.

Enfin, divers attributs soulignent les liens étroits du dieu avec le monde de la musique et de la fête : les cymbales à ses pieds et la flûte de pan dans son dos.

Crédit : Henri Allouard, Bacchus enfant, marbre, 1881

L’artiste : Henri Allouard, qui suis-je ?

L’artiste : Henri Allouard, qui suis-je ?

Né à Paris le 11 juillet 1844, Henri Allouard est un sculpteur et peintre français. S’il expose ses œuvres au Salon des artistes français dès 1865, il reste libraire jusqu’en 1872. Son œuvre sculpté est reconnu pour la méticulosité du travail des marbres polychromes et du bronze.

À partir de 1889, il fait partie du jury de sculpture et des arts décoratifs au Salon et il participe également à plusieurs Expositions universelles (il y obtient successivement une médaille d’argent puis d’or en 1899 et 1900). Peintre et pastelliste, il réalise essentiellement des peintures d'histoire, des paysages et des natures mortes. Il est également l’auteur de nombreux décors peints du Panthéon, de l'Opéra et de l'hôtel de ville de Paris.  

Crédit : Léon Eugène Maxime Faivre, L'atelier du sculpteur Henri Allouard, huile sur toile, 1905, Paris Musées / Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Petit Palais

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